Ce matin alors que nous étions toutes assises devant nos tartines de pain beurrés et nos bols de chocolat chaud, maman nous annonça que dès le petit déjeuné terminé, nous irions directement dans la forêt pour aller voir une plantation de sapins de Noël.
Chaudement emmitouflées, nous nous tenons par la main deux par deux les unes derrière les autres. Et d’un pas décidé nous voilà partit en direction de la forêt.
Mauricette a emmené sont stéthoscope et n’arrête pas d’écouter le cœur des arbres. Elle est marrante avec son jouet, elle se prend vraiment au sérieux, il ne lui manque plus que sa petite blouse blanche d’infirmière.
Mademoiselle râle,
-« chutttttttt arrêté de parler je n’arrive pas à entendre le cœur de celui-ci ? »
Sophie regard et rie à s’en rouler par terre.
Tout le monde s’arrête pour regarder ce qui se passe.
-« Maman Mauricette elle entend pas le cœur de celui-ci, et de son pied elle fait bouger la branche, qui gît à même le sol »
Offensée Mauricette regarde Sophie
–«Et sa te fait rire qu’un arbre est perdu un bras »
Alors là s’en est trop tout le monde se met à rire, au grand désespoir de Mauricette, qui ne comprend pas autant de cruauté.
Et elle veut ramener ses sœurs à de meilleurs sentiments.
-« Je ne vous comprends pas, même toi maman tu dis qu’il ne faut pas se moquer des autres et là vous rigolez toutes pour un arbre qui a perdu un de ses bras »
Et nous voilà toutes reparties dans un éclat de rire général.
Vexée, tout en râlant Mauricette continue d’avancer.
-« pfffffffff n’importe quoi ».
Nous continuons à marcher laissant Mauricette a ses analyses sur l’état de santé des arbres de la forêt.
Et pour cesser tous les gloussements de moqueries, maman demande que nous chantions à tue tête, une chanson de Noël.
Après un certain temps, nous arrivons dans une jolie clairière.
Maman nous demande un peu de silence.
Nous voilà donc assises en tailleur, les unes près des autres afin de former un cercle.
Les yeux fermés nous nous concentrons sur les bruits de la nature.
Malgré le froid nous entendons quelques magnifiques chants d’oiseaux et le vent coquin qui s’amuse a faire chanter toutes les feuilles. La nature est bien vivante et heureuse de nous accueillir. Mais voilà qu'au loin un bruit abrutissant d’un engin électrique, vient rompre ce moment de sérénité.
Surprises nous nous sommes toutes levées et avons ouverts de grands yeux en regardant maman d’un air interrogateur ?
Nous n’avons pas eu le temps d’entendre sa réponse qu’un bruit sourd, fit trembler la terre sous nos pieds. Puis plus rien…
Nous tendons l’oreille, mais rien qu’un silence oppressant, je sens près de moi frémir Ptite Monique.
La nature est silencieuse.
Tous les oiseaux ont comme disparus.
Mauricette en profite
-«voilà ce que c’est de se moquer des arbres ! Ils sont tous en colère après nous maintenant ! »
-« Mauricette arrête de dire des sottises, tu fais peur à tes sœurs »
-« bien fait pour elles, elles n’avaient qu’a pas ce moquer tout à l’heure »
Et toute fière en nous regardant elle ajoute :
-« Faut pas avoir peur car ils savent que je l’ai aimes donc ils ne vous feront pas de mal, et celui là m’a dit qu’il n’avait aucunes rancuneries contre vous »
Maman l’a reprend
-« Aucunes rancunes, mais ou trouves tu tout ces mots »
-« ben on dit bien sucre et sucrerie alors pourquoi pas rancune et rancunerie ? »
Sur ce, prudemment nous nous avançons en direction du bruit que nous avions entendu.
Arrivées sur les lieux nous ne pouvons que voir un arbre gigantesque couché à même le sol.
L’ambiance de la forêt a changé, les oiseaux sont tous muets et la forêt semble moins hospitalière que tout à l’heure et surtout je sens peser sur nous une immense tristesse.
Je suis certaine que cet arbre gisant à même le sol en est la cause.
Maman nous explique que cet arbre vient d’être abattu par des bûcherons. Qu’il avait peut être une maladie. Au même moment toutes les petites recul.
Maman nous rassure :
-«Ne vous inquiétez pas une maladie, contagieuse pour les autres arbres même très mauvaise pour lui, ne peut pas nous contaminer»
Heureusement d’ailleurs car Mauricette est là en train d’ausculter la souche pour voir si il reste chez cet arbre encore un peu de vie.
Maman nous demande de nous asseoir autour de la souche de l’arbre.
-« Maintenant je vais vous apprendre à connaître l’âge qu’avait cet arbre ».
Toutes mes sœurs sont concentrées et compte comme maman leur a demandé les anneaux dessinés sur la souche de l’arbre.
J’observe Mauricette et je me rends compte qu’elle ne veut pas savoir l’âge de cet arbre.
J’arrive à ressentir ce qu’elle pense. Maman se retourne me regarde et regarde Mauricette
Qui lui dit :
-« je n’ai pas envie de connaître l’âge de cet arbre ».
Maman me regarde, elle veut gronder Mauricette et je le sais, car je reconnais cette tête là, elle n’est pas contente.
Mais elle s’interrompt en voyant la tête que fait Mauricette.
Les larmes aux yeux, les sanglots dans la voix elle dit :
-« Moi j’trouve ça injuste, j’veux plus qu’on coupe des arbres, les hommes sont lâches ils les coupes alors qu’ils ne peuvent même pas se défendre et j’m’en fiche de l’âge qu’il avait celui-là, il était beau et fort c’était le roi de la forêt, et moi maintenant je veux être la défenceresse de tous les arbres !! »
Je ne reprends pas ce mot sortit tout droit de son imagination. Afin de l’apaiser je l’a prend dans mes bras en la berçant doucement.
Je ne puis m’empêcher de penser, « comment vais-je lui faire comprendre sans le heurter que les végétaux ne souffres pas ou en trouverais-je la preuve ? Et une étude sérieuse à t’elle été faite ? »
Personnellement, jusqu’à ce jour, je ne m’étais jamais posée cette question.
Voilà une promenade qui a apporté beaucoup d’émotion et de tristesse à ma petite Mauricette.
Et par son comportement a soulevé une question que toutes les poupettes n’osent poser, mais que je peux lire dans leurs yeux.
-« Les arbres peuvent t’ils souffrir maman ? »
Je viens de prendre une décision qui me semble importante.
Je demande à mes puces de venir autour de moi. Sérieuses elles attendent. Et je leurs annonce que cette année, nous ferons un sapin de Noël artificiel.
Cette nouvelle est accueillit par des applaudissements enthousiasmes.
Milles bisous
Voici une photo de mes 4 soeurs prises au pied de notre sapin


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